À la racine du cadre se tient un étage déterministe : une fonction de dommages affine par Unité d'Œuvre, qui valorise tout aléa selon trois dimensions homogènes — monétaire, carbone, biodiversité — par une même structure f(x) = a + bx, où a porte les coûts fixes engagés et b le coût unitaire de l'ampleur du choc. C'est cette homogénéité tridimensionnelle qui rend les périls commensurables entre eux, et qui autorise toute l'agrégation ultérieure. Les événements historiques calibrent, par péril, les paramètres qui alimentent les couches suivantes.
Sur ce socle s'élève l'architecture stochastique. Les sept périls ne sont jamais indépendants : leur dépendance jointe est encodée par une copule gaussienne 7×7, dont la distance de Mahalanobis mesure la sévérité multivariée de chaque scénario simulé. Au-dessus, le système bascule entre régimes par sigmoïde continue plutôt que par saut binaire, et la mémoire markovienne rend ces bascules irréversibles. Deux dynamiques antagonistes le traversent : la boucle pro-cyclique de polycrise l'amplifie par lui-même, la boucle hormétique d'apprentissage l'amortit. La mémoire fractionnaire de Caputo d'ordre α = 2 − 2H pondère le passé en loi de puissance, jamais en exponentielle. La stabilité de Lyapunov se démontre plutôt qu'elle ne se constate, et chaque tipping point coïncide exactement avec le passage à zéro de l'exposant.
Cette manière de regarder le coût — comme une structure dissipative au sens physique du terme — définit une discipline : la physique-mathématique financière. Elle ne remplace pas la comptabilité événementielle qui chiffre chaque sinistre isolé ; elle s'active dès qu'on étudie la trajectoire d'un système de coût sur horizon long, à travers des régimes hétérogènes et des périls couplés.
Ce que CRISOnomics calcule, in fine, n'est pas un coût. C'est une distance : celle qui sépare un système de l'endroit où il devient inacceptable. Aujourd'hui ce seuil porte le nom d'inassurabilité — le franchissement de la capacité κ par le coût d'inaction CI. Demain, dans d'autres instances du même cadre, il portera le nom de viabilité, de durabilité, d'habitabilité. La grammaire reste la même ; seul change le seuil contre lequel on prend la mesure.